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« A travers la fenêtre » aux Ateliers Agora

Extérieurs I, II et III
Tirages jet d’encre : Hahnemühle Photo Rag Baryta (I), Piezography K7 rendu « Selenium » sur JonCone Studio Paper Type 5 (II), Hahnemühle Museum Etching (III)

 

L’exposition collective sur le thème « A travers la fenêtre » s’est tenue à l’espace des Ateliers Agora à Eyguières (13) du 06 au 24 janvier 2015. J’y ai présenté trois tirages de mon projet long terme « Extérieurs » : points de vue sur notre environnement.
Ils interrogent notre relation à l’environnement, par la mise à distance symbolique des paysages vu au travers des fenêtres, portes ou lucarnes de nos constructions. Certains de ces points de vus sont parfois volontairement mis en scène dans des espaces dits naturels, à partir d’ouvrages architecturaux qui contribuent à les dégrader. D’autres sont simplement là, et constituent des ouvertures sur une « nature » de proximité plus ou moins aménagée.

Les tirages exposés sont :
– Extérieurs I, tirage jet d’encre Epson K3HDR sur Hahnemühle Photo Rag Baryta 315 g., 40×55 cm (image 30×45 cm).
– Extérieurs II, tirage jet d’encre Piezography K7 rendu Selenium sur JonCone Studio Paper Type 5 290 g., 32×44 cm (image 24×36 cm).
– Extérieurs III, tirage jet d’encre Epson K3HDR sur Hahnemühle Museum Etching 350 g., 40×55 cm (image 30×45 cm).

Une photographie anthropodécentrée ?

Une pratique photographique anthropocentrée est pour moi une photographie que ne met pas l’homme et son point de vue au centre de tout jugement éthique ou esthétique.

Mais elle ne l’exclue pas pour autant.

C’est une photographie qui n’affirme pas a priori (« c’est bien » / « ce n’est pas bien », « c’est beau » / « ce n’est pas beau »…), mais qui interroge le sens pour la communauté que nous formons avec le monde vivant.

C’est une orientation de l’écriture et de la lecture photographique vers une autre sensibilité.

« Silva » à Mens

Affiche expo Silva Engrangeou

C’est la première exposition. Merci Hélène, merci Eric. Je ne sais pas où tout cela me mènera, mais en tout cas cette petite exposition restera comme le point de départ de quelque chose qui va m’occuper les décennies à venir.

Cette exposition s’est tenue à « l’Engrangeou » (aujourd’hui Cave de la Halle) à Mens (38), du 4 septembre au 12 novembre 2014.
Les tirages exposés sont issus du premier projet long terme mis en place : « Silva ».
Silva, la forêt ou l’illusion du sauvage. Nos forêts aujourd’hui ne sont sauvages que pour ceux d’entre nous qui ont peur de la nature. Voilà bien longtemps en effet que nous les avons domptées, domestiquées.

Centré sur les bois et forêts du Trièves, ce sont 20 tirages qui ont été présentés :

Silva I & II, tirages jet d’encre Epson K3HDR sur Hahnemühle Photo Rag Baryta 315 g., 40×55 cm (image 30×45 cm).
Silva III, tirage jet d’encre Epson K3HDR sur Hahnemühle Photo Rag Baryta 315 g., 32×44 cm (image 24×36 cm).
Silva IV, tirage jet d’encre Epson K3HDR sur Canson Infinity Rag Photographique 310 g., 40×55 cm (image 30×45 cm).
Silva V à VIII, tirage jet d’encre Epson K3HDR sur Canson Infinity Rag Photographique 310 g., 32×44 cm (image 24×36 cm).
Silva IX & XIX, tirage jet d’encre Epson K3HDR sur Hahnemühle Museum Etching 350 g., 32×44 cm (image 24×36 cm).
Silva X, XVI & XVII, tirage jet d’encre Piezography K7 rendu Selenium sur JonCone Studio Paper Type 5 290 g., 32×44 cm (image 24×36 cm).
Silva XI à XV & XVIII, tirage jet d’encre Piezography K7 sur Canson Infinity Rag Photographique 310 g., 32×44 cm (image 24×36 cm).
– A51, km 42 ?, tirage jet d’encre Piezography K7 rendu Carbon sur JonCone Studio Paper Type 5 290 g., 32×44 cm (image 24×36 cm).

Les tirages des photos Silva IV & VII ont été de nouveau exposés durant l’hiver 2015/2016.

Esthétiques d’un monde sauvage en ruine

J’ai qualifié mes photographies, en fait l’ensemble de mon travail quel que soit la forme qu’il prenne, « d’Esthétiques d’un monde sauvage en ruines ».

Mon approche est esthétique, sensible. Cela n’empêche pas le caractère documentaire.
Il s’agit de l’apprentissage d’une sensibilité nouvelle, formule que j’emprunte à Bruno Latour. Elle renvoie à l’étymologie et à l’ancien sens, la capacité à « percevoir » et à être « concerné », du mot esthétique. Bien sûr il peut y avoir plusieurs esthétiques, comme le précise le pluriel ici utilisé.

Les différentes formes esthétiques sont utilisées pour saisir un « monde sauvage en ruines ».
Le sauvage s’oppose au domestique. Le domestique, c’est ce qui est plus ou moins sous le contrôle de l’homme. Cette dichotomie, ce continuum, cette interrelation, me semble plus importante, et surtout plus pertinente, que la classique opposition nature / culture.

Dans nos sociétés, sur nos territoires (principalement occidentaux), il n’y a presque plus rien qui ne soit pas contrôlé par l’homme. Un certain monde sauvage a été ruiné…

C’est un constat.

Le rappeler, l’affirmer, ne circonscrit pas et ne réduit en rien le champ exploré, au contraire : c’est une incitation à appréhender d’une autre façon le milieu terrestre et ses habitants qui y coévoluent, et d’attirer l’attention vers une autre sensibilité, une autre esthétique.